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Ce que l’on sait d’Omicron, le nouveau variant détecté en Afrique du Sud

Le nouveau variant B.1.1.529 du Covid-19 classé « préoccupant » par l’OMS et baptisé Omicron

Ce variant a été détecté pour la première fois en Afrique australe. Jamais un nouveau variant n’avait provoqué autant d’inquiétude dans le monde depuis Delta. Le nouveau variant
Un nouveau variant a été détecté en Afrique du Sud, ont annoncé des scientifiques locaux jeudi 25 novembre. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)
Détecté en Afrique du Sud, ce nouveau variant inquiète les scientifiques. Les informations à son sujet ne sont guère nombreuses, mais il pourrait être plus contagieux. 

Un nouveau variant du Covid-19 a été détecté en Afrique du Sud, pays africain officiellement le plus touché par la pandémie et qui connaît une nouvelle augmentation des contaminations, ont annoncé des scientifiques locaux, jeudi, à l’AFP. B.1.1.529, de son nom scientifique, s’ajoute à la liste des variants découverts en Afrique du Sud, après C.1.2 en août 2021 et Beta en 2020. Pour le virologue Tulio de Oliveira, interrogé jeudi lors d’une conférence de presse, cette nouvelle séquence du virus « constitue une source de préoccupation » : elle pourrait être très contagieuse et résister au vaccin. La suite après la publicité 

Son nom : Omicron

Lorsqu’un variant est classé « préoccupant » ou présentant « un intérêt » par les experts, l’OMS leur donne un nom, comme elle l’a déjà fait pour 12 nouvelles formes du Covid-19. Ce vendredi 26 novembre, B.1.1.529 a été baptisé Omicron par l’OMS. 

Pour faciliter les débats publics sur les variants, l’organisation leur attribue des lettres grecques (alpha, bêta, gamma, delta…), plus accessibles à un public non scientifique et qui ne stigmatisent pas le pays où ce variant est initialement découvert.

 B.1.1.529 a contaminé au moins 23 personnes 

A ce jour, 23 cas ont été signalés, touchant principalement des jeunes, selon des informations de l’Institut national sud-africain des Maladies transmissibles (NICD) recueillies par l’AFP. D’autres ont également été signalés au Botswana voisin et à Hong Kong, sur une personne de retour d’un voyage en Afrique du Sud. 

Israël a également annoncé un cas de ce nouveau variant ce vendredi : « Il s’agit d’une personne revenue du Malawi », a indiqué le ministère israélien de la Santé disant craindre « deux cas supplémentaires de personnes revenues de l’étranger » et placées en confinement.  

Plus tard dans la journée, la Belgique a déclaré le premier cas positif de ce variant en Europe. « On a un cas qui est maintenant confirmé de ce variant. Il s’agit de quelqu’un qui venait de l’étranger. Qui a été testé positivement le 22 novembre. Qui n’était pas vacciné », a précisé lors d’une conférence de presse le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke. 

Selon le virologue Marc Van Ranst, interrogé par l’AFP, ledit voyageur est arrivé d’Égypte le 11 novembre dernier et il avait présenté de premiers symptômes lundi. 

Un variant plus contagieux ? 

Pour l’instant, rien n’est prouvé sur la rapidité de transmission de ce virus. Mais ses caractéristiques génomiques ne sont pas rassurantes à ce sujet. Le nouveau variant présente en effet un nombre « extrêmement élevé » de mutations et « nous pouvons voir qu’il a un potentiel de propagation très rapide », a expliqué jeudi le virologue Tulio de Oliveira à l’AFP, lors d’un point presse du ministère sud-africain de la Santé. 

D’après les données du quotidien économique britannique le « Financial Times », le nouveau variant sud-africain « circule beaucoup plus rapidement que Beta et même Delta », ses prédécesseurs. Jusqu’ici, le variant Delta était devenu hégémonique sur la planète. 

Mais les métamorphoses du virus initial peuvent potentiellement le rendre plus transmissible, jusqu’à rendre le nouveau variant dominant. « Ce qui nous préoccupe, c’est que ce variant pourrait non seulement avoir une capacité de transmission accrue, mais aussi être capable de contourner certaines parties de notre système immunitaire », a déclaré à l’AFP un autre chercheur, le professeur Richard Lessells. 

L’efficacité du vaccin encore incertaine contre B.1.1.529 

A ce stade, les scientifiques sud-africains ne sont pas non plus certains de l’efficacité des vaccins existants contre cette nouvelle forme du virus. On sait en revanche que les trois personnes contaminées par le variant en Israël étaient vaccinées contre le Covid-19, d’après les précisions du ministère de la Santé israélien à l’AFP. Varicelle, bronchiolite… Nos enfants vont-ils être plus malades après la pandémie ? Le laboratoire allemand BioNTech, allié à Pfizer, attend « au plus tard dans deux semaines » de premiers résultats d’études qui permettront de déterminer si le nouveau variant détecté en Afrique du Sud est capable d’échapper à la protection vaccinale. 

Quand en saura-t-on plus au sujet de B.1.1.529 ? 

Des experts de l’Organisation mondiale de la Santé, chargés de suivre les évolutions du virus Covid, se réunissent ce vendredi pour déterminer si le variant doit être classifié comme « préoccupant » ou « à suivre », a expliqué un communicant de l’OMS, Christian Lindmeier, lors d’un point de presse régulier des agences de l’ONU. 

« Il nous faudra quelques semaines pour comprendre l’impact de ce variant. Les chercheurs travaillent pour mieux comprendre les mutations et ce qu’elles pourraient signifier en termes de transmissibilité ou de virulence, et quelles pourraient être les effets sur les outils de diagnostics, les traitements et les vaccins », a-t-il ajouté.

Publié le 29/11/2021   L'OBS